La soupe aux cailloux moelleux

La soupe aux cailloux moelleux, écrit par Alain Serge Dzotap et illustré par Irène Schoch

Une adaptation, à la sauce africaine, d’un conte populaire. En un mot : savoureux !

Leuk-le-lièvre erre dans la savane depuis des semaines à la recherche de nourriture, mais rien n’y fait : la famine a gagné tout le territoire. Heureusement, Leuk a plus d’un tour dans sa besace. Parvenu à un village, il va frapper à la première porte qui se présente.

— Qui est là ? fit la grosse voix énervée de Bouki-l’hyène. Leuk ne pouvait pas plus mal tomber : Bouki était réputée pour son avarice et sa gourmandise.

Mais le lièvre ne se laisse pas facilement démonter.

— Ahem ! Je ne suis pas venu mendier de la nourriture ! Par les temps qui courent, personne n’en a au village. Alors, prête-moi seulement ton pot à cuire, celui qui n’est ni tout à fait sale ni tout à fait propre, je voudrais me préparer une soupe aux cailloux moelleux.

Une soupe aux cailloux moelleux ?! Il n’en faut pas plus pour éveiller la curiosité de Bouki qui, tout bien réfléchi, apporte à Leuk ce qu’il est venu quérir.

Ce dernier s’empresse de disposer le pot au beau milieu du village, sous l’œil avide de Bouki qui ne tarde pas à vouloir goûter la soupe. Mais que c’est fade !

— J’oubliais ! Pour réussir la soupe aux cailloux moelleux, il faut y ajouter de la pâte d’arachide ! fit semblant de se souvenir Leuk.

Rien que ça ? Bouki doit pouvoir trouver ce qu’il faut.

Rapidement, le duo est rejoint par Nièye-l’éléphant qui, lui aussi, veut goûter la préparation.

— Ta soupe manque d’huile, je vais t’en chercher. Il courut chez lui et rapporta des noix de palme.

Petit à petit, d’autres congénères se joignent à la troupe :

M’Bam-Ala-le-phacochère, Golo-le-singe, Jasig-le-crocodile, N’Diamala-la-girafe et bientôt tous les habitants du village apportèrent qui de la poudre de baobab, qui du sel, qui du piment rouge, qui des légumes.

Tant et si bien qu’au bout du compte, cette soupe aux cailloux régale tout le village de son arôme délicieux. Et, d’un commun accord, tout le monde finit par se donner rendez-vous le lendemain, même endroit, même heure…

Les illustrations joyeuses et colorées nous transportent directement sous l’arbre à palabres. On admire la place qui grouille, on devinerait presque l’odeur irrésistible de cette soupe aux cailloux moelleux. Et puis, l’animation autour du chaudron ! Ça vit, ça remue, ça palabre. Et ça chante aussi car, à chaque fois qu’un des animaux apporte sa pierre à l’édifice, une petite ritournelle se fait entendre :

Les ignames, qu’en fit-on ?
Les ignames, on les pela
et on les ajouta dans le pot à cuire.
C’est ce que firent qui ?
C’est ce que firent Leuk, Bouki,
l’éléphant et le léopard.

Grâce à Leuk, la place du village a retrouvé sa fonction première, celle d’un lieu communautaire, d’un endroit où se retrouver. Et le conte nous rappelle que dans les moments difficiles, il n’y a rien de mieux que la solidarité et l’entente pour s’en sortir tous ensemble… gaiement.

Écrit par Alain Serge Dzotap

Illustré par Irène Schoch

Publié chez Éditions des Éléphants

Paru le 17 octobre 2019

40 pages

Papy, ça souffle !

Papy, ça souffle !, écrit et illustré par Sam Usher, traduit par Mathilde Colo

Après Papy, il fait beau !, Papy, il pleut ! et Papy, il neige !, un nouvel album tout en tendresse qui relate un moment de partage entre un grand-père et son petit-fils. Tout ça fleure bon les souvenirs d’enfance…

Dehors, c’est l’automne. Les feuilles rouges et or dansent à travers la fenêtre. C’est que le vent souffle fort, très fort. Alors, quoi de mieux que de « jouer dans les feuilles, essayer de s’envoler ou se laisser pousser par le vent. » Mais Papy a une bien meilleure idée : pourquoi ne pas faire du cerf-volant ?

Avant toute chose, il faut le trouver, ce cerf-volant qui semble vouloir jouer à cache-cache. C’est l’occasion de fouiner dans les armoires, de trifouiller dans le bureau et d’explorer le placard de l’escalier.

Les doubles-pages qui illustrent cette recherche à l’intérieur de la maison alternent invariablement avec une double-page de l’extérieur : devant le pas-de-porte, la rue est envahie de feuilles qui tournoient dans les airs et le balayeur a bien du fil à retordre pour mettre un semblant d’ordre dans tout ça. Tant et si bien que lui-même finirait presque par s’envoler.

La recherche se poursuit ; toujours pas de cerf-volant à l’horizon mais d’autres objets qui, tous, rappellent invariablement de beaux souvenirs. Comme cette longue-vue qui avait servi lors d’une expédition où Papy et son petit-fils avaient « trouvé une grotte secrète et […] partagé un délicieux pique-nique ! »

Enfin, voici le cerf-volant ! Fin prêts pour affronter le ciel menaçant et la tempête qui ne saurait tarder ! Le tout, c’est de bien s’accrocher. Cependant, malgré toutes les précautions prises, nos deux acolytes finissent par décoller et s’envoler. Fermement accrochés à leur planche de salut, ils volent à travers un ciel constellé de cerfs-volants, grands et petits, de formes variées. Un véritable festival de couleurs et un joyeux capharnaüm prennent alors vie, l’aventure se vit à travers les yeux de l’enfant qui transforme ce moment partagé en expédition périlleuse.

Mais cette envolée onirique ne peut durer éternellement : les nuages s’assombrissent, la tempête va sévir. Il est alors grand temps de rentrer et d’atterrir devant la porte de la maison. Quel beau souvenir se sont encore forgé Papy et son petit-fils !

De la douceur et de la tendresse, voilà ce qui se dégage de cet album qui nous dit l’importance des aventures que l’on partage, enfant, avec ceux qui nous sont proches, la force de ces petits moments anodins qui se transforment, à travers les yeux d’un enfant, en épopées fabuleuses qui traverseront le temps et les années.

Écrit et illustré par Sam Usher

Traduit par Mathilde Colo

Publié chez Little Urban

Paru le 13 septembre 2019

32 pages, 13,50 €

Courons sous la pluie !

L’été, une famille sur la plage, et la pluie qui les surprend. Du bonheur pur et simple à toutes les pages.

On pénètre dans cet album sur la pointe des pieds, du haut d’un petit promontoire rocheux. On s’approche à petits pas et ils apparaissent, les trois adultes et les quatre enfants qui composent cette famille. On trottine à leurs côtés lorsqu’ils rentrent de la plage.

L’air chaud est chargé d’humidité, on le sent, c’est l’air d’avant la pluie. Le ciel s’assombrit et voilà qu’elle nous surprend avec eux, cette pluie estivale. On court, on se fait mal, et puis on rit.

Et on est tout bonnement heureux de trouver abri chez Grand-Mère qui nous accueille les bras ouverts.

Et puis, avouons-le, on aurait même envie de s’inviter un peu plus longtemps tellement on se sent bien avec cette petite tribu. Le temps de partager un repas et quelques éclats de rire.

Une seule phrase, en peu de mots, court sur chacune des doubles-pages de cet album qui rend heureux. La part belle est faite à l’illustration. C’est coloré, c’est joyeux, c’est tout simple et léger. Un condensé de petit bonheur estival.

Et si vous souhaitez prolonger la parenthèse estivale: http://www.maison-voxfabula.com/bulle-dete/

Écrit par Stéphanie Demasse-Pottier et illustré par Cécile Becq

Publié chez Sarbacane

Paru en avril 2019

32 pages, 15,90 €

Chez l’éditeur: https://editions-sarbacane.com/courons-sous-la-pluie/